4 - Se déplacer de ville en ville à l'Est des Etats-Unis
Le Sud : Savannah, Charleston, Chattanooga, Richmond
Savannah
A l’écart des routes touristiques, Savannah (250 000 habitants) cultive ses charmes de jolie petite station balnéaire de Géorgie. Anciennes demeures coloniales, douceur du climat, ambiance détendue comme on l’aime dans le Sud… Savannah est un petit bijou de charme et de quiétude. Clint Eastwood ne s’y est pas trompé : il a choisi la ville et ses habitants comme cadre et interprètes d’un de ses derniers films.
C’est aux femmes de Savannah que l’on doit la décision, en 1955, de redonner à la ville son cachet en restaurant ses anciennes maisons, en fleurissant ses allées, en interdisant l’outrage du modernisme. Une rivière, la Savannah, et une plage, sur Tybee Island, complètent ce décor sudiste à la délicieuse quiétude.
Centre historique
Il constitue son principal attrait. La Historic Savannah Foundation(210 Broughton Street) organise des visites guidées payantes, entre maisons anciennes et jardins. Bull Street et Abercorn Street sont les plus attrayantes. Plusieurs de leurs maisons peuvent être visitées. Pour conclure, ne pas manquer la promenade sur les quais de la Savannah. Ils ont été aménagés avec des boutiques et des terrasses.
Les forts
Enfin, on se souvient que Savannah, porte du Sud, se protégea des menées britanniques au XVIIIe siècle avec des fortins. Fort Jackson, le plus proche (US 80. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante) et Fort Pulaski(US 80. Ouvert tlj de 8 h 30 à 18 h 30. Entrée payante) abritent un petit musée historique qu’on visite à l’occasion d’une excursion sur la plage de Tybee Island, elle aussi dotée d’un fort avec un modeste musée.
Clint Eastwood tourne à Savannah
L’acteur américain a choisi la ville de Savannah comme cadre du vingtième film qu’il mettait en scène. Minuit dans le jardin du Bien et du Mal fait défiler devant la caméra une foule de personnages excentriques. Des acteurs professionnels, Kevin Spacey et John Cusak en particulier, entourent les véritables habitants de la ville, qui interprètent leur propre rôle. « Je trouve ces gens extrêmement sympathiques parce que je suis sensible à ceux qui ont le souci de préserver le passé », a déclaré Clint Eastwood.
Charleston
On dirait le Sud, et c’est déjà Charleston, en Virginie du Sud.Les Etats-Unis ont une histoire. Charleston la raconte ! La ville a été fondée en 1670 par une poignée de colons débarqués d’Angleterre auxquels se joignent bientôt Ecossais, Allemands, huguenots français, juifs… Chacun a laissé ici son modèle d’architecture dans une cité portuaire qui se prévaut aujourd’hui de 180 églises et d’un bon millier de bâtisses historiques.
Cœur de la ville
Auparavant, la belle s’est illustrée au cours de la guerre de Sécession, dont elle fut l’une des victimes (1865) après que la Caroline du Sud a pris la tête de la rébellion. Aujourd’hui, Charleston (500 000 habitants pour toute l’agglomération) mérite la visite pour son remarquable patrimoine de maisons anciennes et de jardins, ainsi que pour son ambiance un rien nostalgique.La visite se concentre sur le vieux cœur de Charleston, celui qui s’étend en bordure de la rivière Ashley. Meeting Street et East Battery Street sont les rues dorées de la mémoire locale avec plusieurs maisons (Nathaniel Russel House en particulier, au 51 Meeting Street) qui disent l’opulence des grandes fortunes locales.
Musées
Pour compléter sa connaissance, on pousse les portes du Charleston Museum voisin (360 Meeting Street. Ouvert tlj de 9 h à 17 h, dimanche à partir de 13 h. Entrée payante) qui, outre l’histoire de la ville, reflète celle des Etats-Unis.Original, et toujours dans le vieux quartier, le Gibbes Museum of Arts(135 Meeting Street. Ouvert tlj de 10 h à 17 h, dimanche à partir de 13 h. Entrée payante) présente des intérieurs de Charleston aux siècles passés, ainsi qu’une belle collection de miniatures et de peintures américaines.
Fort Sumter
Accessible en bateau depuis le port.Ce fortin, posé à l’entrée du port, fut le théâtre de la première bataille de la guerre de Sécession, en 1861, et un musée en raconte l’histoire.
Chattanooga
Tous les Américains de l’Est connaissent cette ville au nom indien, ancienne patrie des Cherokees, pour ses magasins d’usines. La ville borde le Tennessee. C’est ici que Bessie Smith fit ses premières vocalises.
L’aquarium
Riverwalk. Ouvert tlj de 10 h à 16 h, week-end jusqu’à 20 h. Entrée payante.
Chattanooga est fameux pour son aquarium, qui présente plus de 7 000 poissons d’eau douce dans des bassins ou dans des écosystèmes reconstitués.
Hunter Museum of Art
10 Bleuff View. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 16 h 30, dimanche à partir de 13 h. Entrée payante.
Le Hunter Museum of Art présente des collections consacrées à l’art américain du Sud.Enfin, pour faire la pause en terrasse, on se rend dans la vieille gare(1 400 Market Street) aménagée en hôtel entouré de boutiques et de restaurants, dans son décor de quais, de locomotives à vapeur et de guichets à l’ancienne.
La piste des Larmes
L’histoire des Etats-Unis est également celle de l’exil des tribus indiennes vers l’ouest. Lorsque colons et Indiens n’étaient pas en conflit armé, ces derniers tentaient alors de s’intégrer au modèle américain tout en préservant leur spécificité. Tel est le cas des Cherokees, dont les campements de Géorgie n’excluaient pas la venue de familles à Chattanooga. C’était compter sans l’or qu’on découvrit sur leurs terres. En 1835, Washington dépossède les Indiens pour leur offrir de nouveaux territoires, à l’ouest du Mississippi. La route entre Chattanooga et ces nouvelles terres est baptisée la piste des Larmes. Quatorze mille Indiens la suivront. Un tiers d’entre eux n’arriveront jamais à destination.
Richmond
La capitale de la Virginie (1,2 million d’habitants) est une fidèle. A la tête des Confédérés durant la guerre de Sécession, elle continue de célébrer la mémoire du Sud et du général Lee, dont la reddition eut lieu à deux pas, à Appomattox, en 1865. Monument Avenue, ornée des statues des héros sudistes en est la démonstration. Tout comme le Museum and White House of the Confederacy(1 201 E Clay Street. Ouvert tlj de 10 h à 17 h, dimanche à partir de 13 h. Entrée payante), qui raconte l’histoire de la guerre.
Un musée plus conventionnel, le Virginia Museum of Fine Art est situé au 2800 Grove Avenue(ouvert tlj sauf dimanche et lundi de 11 h à 17 h, nocturne le jeudi à 20 h. Entrée payante) avec des antiquités, des peintures européennes, des objets… Le centre historique de Richmond entoure l’église Saint John. On y flâne en découvrant plusieurs maisons anciennes ainsi qu’un musée consacré à Edgar Allan Poe (1914 E Main street. Ouvert tlj de 10 h à 16 h, dimanche à partir de 13 h. Entrée payante) installé dans l’une des plus vieilles maisons de la région.
Regrets pour la traite des Noirs
L’économie sudiste à prospéré grâce à l’esclavage jusqu’à son abolition, en 1865. Les champs de coton en sont l’illustration la plus fameuse. La question noire demeure toutefois une des constantes de la société américaine. Les raids meurtriers du Ku Klux Klan, le ghetto de Harlem, les athlètes levant un poing ganté de noir sur les podiums de Mexico en 1968, l’assassinat de Martin Luther King en 1968 également, l’engagement de Angela Davis ou les statistiques montrant que le chômage comme la pauvreté touche davantage la communauté de couleur, qui peine toujours à trouver l’intégration que leur garantit pourtant la constitution américaine, montrent un combat toujours d’actualité. Effectuant une visite officielle en Afrique (mars 1998), le président Bill Clinton a officiellement exprimé les « regrets » des Etats-Unis concernant cette première page d’histoire : « Si on remonte à l’époque où nous n’étions pas encore une nation, les Américains d’origine européenne ont reçu les fruits de l’esclavage. Nous avons eu tort à ce sujet. »






