4 - Se déplacer de ville en ville

La Louisiane et le Mississippi : La nouvelle Orléans

Parade du Mardi-gras, Nouvelle-Orleans - MIssissippi © @ Tchacky's...

Repérée par les navigateurs espagnols, la Louisiane a été explorée par Cavelier de la Salle, qui en prit possession au nom du roi de France en 1682 et la baptisa ainsi en hommage au Roi-Soleil. Elle est américaine depuis 1812. Située à l’embouchure du Mississippi, la Louisiane couvre une superficie de 125 675 kilomètres carrés.
Elle est peuplée de 4,5 millions d’habitants dont 1,5 million de Noirs. Près d’un million de personnes sont d’origine acadienne et francophone. Sa capitale est Baton Rouge mais la principale ville demeure La Nouvelle-Orléans (moins de 200 000 habitants contre plus du double avant l’ouragan Katrina), qui est le deuxième port des Etats-Unis.

La Nouvelle-Orléans

Le 29 août 2005, Katrina a frappé. Digues détruites, ville inondée, panique dans la population et bilan catastrophe : 1 500 morts et la moitié des habitations de la ville, détruites. Curieusement, plusieurs années plus tard, la population n’a pas regagné sa ville. Cette dernière fait le forcing pour retrouver son rang. La légende en faisait le bastion français des Etats-Unis. Foin des légendes : le français qu’on y parle parfois, mélange de patois du xve siècle, d’acadien et d’anglais , qu’on y chante à l’occasion, est incompréhensible pour les enfants de Balzac et même de MC Solaar. Qu’importe.
On y chante aussi le blues. Les plus grands noms de la musique ont fait la gloire de la Nouvelle-Orléans : Armstrong, la tribu Neville, Clapton, Chénier, Bechett, Allen Toussaint...Et même Eddy Mitchell qui y a enregistré l’un de ses derniers albums. On est ici dans le bastion du jazz, du blues et de la musique cajun.
Le cœur de la ville, le Vieux-Carré, émouvant quartier de nostalgie coloniale, renaît peu à peu et tente de retrouver son âme. Quant aux alentours, le long du fleuve, la désolation peine à être effacée au cœur des grandes plantations qui faisaient la gloire de la Louisiane.

Le vieux carré

Inondé par Katrina, mais pas détruit. Secoué et vite reconstruit. C’est le cœur historique de La Nouvelle-Orléans, celui qu’on appelle le quartier français.
Ce quadrilatère, qu’on découvre agréablement à pied, borde le Mississippi et est délimité par les rues Canal St., Rampart et Esplanade. Il est presque entièrement construit de maisons anciennes dont les plus vieilles ont été édifiées au xviiie siècle, la plupart datant du siècle suivant. Le Jackson Square, dédié au général Andrew Jackson (héros de la guerre d’Indépendance), dont la statue équestre orne l’endroit, est l’ancienne place d’armes de mode espagnole.

French Market
Sous le pavillon de fer forgé qui rappelle Baltard, les petits marchands, les peintres et les vendeurs de t-shirts célèbrent le souvenir de la Nouvelle-Orléans « d’avant » et chantent avec un brin de tristesse celle de demain. C’est le cœur touristique de la ville, d’autant que le Visitors Center y a rouvert ses portes.

Cathédrale Saint-Louis
Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée libre.
Tout à côté du French Market, on visite cette église catholique édifiée au début du VIIIe siècle et dont l’office dominical est évidemment très couru.

Cabildo
Jackson Sq. Ouvert tlj sauf le lundi de 9 h à 17 h. Entrée payante.
Construit en 1770, il fut le siège du gouvernement espagnol, puis français, avant de devenir celui des confédérés, et finalement celui de l’Union. Brûlé, puis reconstruit en 1788 et 1794, c’est dans ce bâtiment que furent signés deux actes de vente tout d’abord entre l’Espagne et la France en 1800, puis entre la France et l’Amérique en 1803. Aujourd’hui le musée présente quelques collections de peintures, ainsi que du mobilier et de la vaisselle des premiers colons. La plume ayant servi à la signature du traité de l’émancipation des esclaves est ici conservée.
Ensuite, il faut arpenter les différentes rues qui quadrillent le Vieux Carré. Charles Street, par exemple, où la maison du 500, construite dans l’espoir que Napoléon la choisirait pour exil et qui attend toujours son empereur.

Vaudou Museum
724, Dumaine St. Ouvert tlj de 10 h à 20 h. Entrée payante.
Ce petit musée expose un grand nombre d’objets symboliques, photos, masques africains, poupées rituelles, gris-gris et autres crânes. Toutes les explications sur les vertus des herbes, potions et autres filtres magiques sont données... Ces croyances venues des Caraïbes sont encore très présentes en Louisiane.
Royal Street n’est pas moins fascinante avec, au 437, la pharmacie où furent inventées nombre de potions magiques, au 533, le musée Merieult, à l’angle de Toulouse Street, la maison de Tennessee Williams, au 700, Labranche House, fameuse pour ses fers forgés, au 1 132, un autre musée, restituant à la perfection un intérieur du XIXe siècle, sans oublier, au 726, St-Peter St. le Preservation Hall (Tél. : 522-2841. Entrée payante), où chaque soir, de 20 h à minuit, des papis turbulents délivrent le meilleur du blues. Et que dire de Bourbon Street, la plus célèbre pour ses boîtes de jazz, ses bars et ses restaurants qui font la nuit de La Nouvelle-Orléans…

Mardi gras
Le carnaval est une institution de La Nouvelle-Orléans. Les Français qui s’établirent en Louisiane à la fin du XVIIe siècle apportèrent avec eux cette fête dont l’origine est parisienne (avant carême, les bouchers promenaient un bœuf gras afin de susciter d’ultimes agapes). Les défilés et fêtes qui accompagnent le carnaval se sont considérablement développés au fil des ans. Des associations de musiciens et danseurs, les krewes, y contribuent activement. En 1909, les Noirs se joignent au cortège puis, vers 1935, les femmes, aujourd’hui les gays. La tradition locale veut qu’on jette des objets sur les danseurs, en particulier des fausses pièces. La fête bat son plein le week-end qui précède mardi gras entre défilés, bals publics ou privés.

New Orleans Museum of Art (NOMA)
Lelong Avenue. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 17 h. Entrée payante.
Particulièrement riche en collection de peintures de Gauguin à Wahrol, sans oublier Renoir, Monet ou encore Degas, qui vécut durant six mois à La Nouvelle-Orléans en 1872 et peignit l’un des portraits exposés. Des œuvres de Picasso, Giacometti, Braque ou Miró sont également présentes. De quoi satisfaire tous les amateurs d’art.

Children’s Museum
420, Julia Street. Ouvert tlj de 9 h 30 à 16 h 30, dimanche à partir de midi. Entrée payante.
Les enfants peuvent improviser jeux de rôle et s’initier aux mystères de la planète.

Suivez le guide !
Offrez-vous un concert improvisé au Preservation Hall, temple du jazz classique.

Hors du vieux carré

World Trade Center
2, Canal Street. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.
Au 33e étage, une plate-forme d’observation permet d’avoir une jolie vue d’ensemble, avec le fleuve qui coule paresseusement en bas.

Aquarium
Canal Street, jouxte le WTC. Ouvert tlj de 9 h 17 h. Entrée payante.
Il offre une belle observation des espèces du golfe du Mexique (dont les requins) ainsi que des reconstitutions d’écosystèmes au réalisme troublant.

Superdome
1500, Poydras Street. Ouvert de 10 h à 16 h. Entrée payante.
Construit en 1975 à proximité du quartier français, c’est le plus grand stade couvert du monde, avec un diamètre de 200 mètres et une hauteur de 82 mètres, il peut accueillir environ 90 000 spectateurs pour des matchs de football américain ou pour des concerts.

Les croisières et les plantations

Enfin, la visite n’est pas complète si elle ne sacrifie pas à la croisière sur le fleuve. Plusieurs compagnies de bateaux à aube la proposent. Certaines offrent l’escale près d’une plantation. On peut tout autant accéder à ces dernières par la route, River Road, qui longe le Mississippi. De nombreuses plantations accueillent les visiteurs dans leur décor d’époque. En quelques heures d’agréable visite quoiqu’un rien figée, on retrouve les ambiances d’Autant en emporte le vent à la vue du rocking chair posé sur la terrasse de bois ou lorsqu’on fait la pause à la fraîcheur des arbres centenaires qui ornent le parc.

Longue Vue House and Gardens
7, Bamboo Road. Ouvert tlj de 10 h à 16 h 30, dimanche à partir de 13 h. Entrée payante.
Cette reconstitution fidèle est un chef-d’œuvre de beauté et d’élégance. La maison et les jardins sont nés des rêves d’Edgar et Edith Stern, les piliers de la communauté de la Nouvelle-Orléans. La demeure, dotée de son mobilier d’origine, de tapis français et orientaux, de vaisselle signée Wedgwood, ne comporte pas moins de 45 pièces.

San Francisco Plantation House
Route 44. Ouvert tlj de 9 h 30 à 17 h. Entrée payante.
Construite en 1856 par Edmond Bozonier Marmillion, cette plantation est un parfait exemple de domaine sudiste, bien que son style extérieur soit un curieux mélange de diverses architectures : créole, victorienne et autres ! L’intérieur est richement meublé… de copies qui recréent néanmoins parfaitement l’atmosphère de la maison. A noter : l’imposant réservoir d’eau bleu clair et chapeauté d’une coupole blanche en forme de tourelle.

Houma House Plantation
Route 942. Ouvert tlj de 10 h à 17 h. Entrée payante.
La plantation doit son nom aux Indiens houmas. Construite en 1840, elle fut rachetée et restaurée par l’actuel propriétaire Dr. George B. Crozat, un louisianais de la Nouvelle-Orléans, descendant d’Antoine Crozat, secrétaire de Louis XIV. Elle retrouve alors sa grandeur passée. Un magnifique jardin entoure la propriété et ici même le personnel porte le costume d’époque 
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