4 - Se déplacer de ville en ville

Le Texas : Dallas

Dallas -Texas © Mondeos

Ses succès comme sa taille en imposent, sa culture composite intrigue et séduit, entre héritages de la conquête et des populations venues du Mexique voisin, entreprises combatives, vastes troupeaux et champs de pétrole, passé belliqueux et exploration spatiale. Bref, une vraie légende américaine…
Quel colosse ! Deuxième Etat d’Amérique par sa taille, plus de 1 200 km du nord au sud et d’est en ouest, soit près de 700 000 km2, seul l’Alaska, tout au nord, le surpasse en superficie. Deuxième également par sa population, plus de dix-neuf millions d’habitants, le Texas est à lui seul presqu’un pays tout entier.

Rappel historique

D’une certaine manière, il le fut au cours de son histoire mouvementée : une « république du Texas » indépendante exista bel et bien pendant une courte période, de 1836 à 1845, avant que l’Etat ne s’intègre finalement à l’Union, avec pour surnom « l’Etat à l’étoile solitaire », référence à son drapeau orné d’une étoile unique. Il faut dire aussi qu’avant cela plusieurs autres drapeaux avaient flotté sur la région : celui de l’Espagne, puis de la France, puis du Mexique et enfin des Etats confédérés. Tumultueux passé…
Ce n’est pourtant qu’au siècle dernier qu’a véritablement démarré la saga du Texas « moderne ». 1821, un Américain est officiellement autorisé, pour la première fois, à établir une colonie au Texas. Il s’appelle Moses Austin. Mais ce sera son fils Stephen qui établira véritablement cette première implantation, mixant bientôt les influences américaine, indienne, espagnole, mexicaine et européenne. Le nom de la famille a été préservé par le choix du Texas de baptiser ainsi sa capitale, Austin.
L’Etat, dans sa version contemporaine, est bien le produit de ce grand brassage culturel comme de ce parcours heurté. Un héritage composite et contrasté qui s’exprime principalement, des pratiques linguistiques à la manière de cuisiner, à travers la culture tex-mex.
Mais aussi par une sorte de fierté nationale rude, susceptible et ombrageuse, venue en droite ligne de l’histoire (la défense de ce vaste territoire a fini avec le temps par y « greffer » des réflexes de protection), qui prête aux Texans un caractère abrupt, voire un tantinet violent. Et, de fait, le taux de criminalité est loin d’y être dérisoire, de même d’ailleurs que le nombre des exécutions capitales…
Quoi qu’il en soit, légitimement fiers de leur région, les habitants de l’Etat affichent clairement leur slogan :« Tout est plus grand au Texas. » Ce n’est pas faux. Riche et beaucoup plus divers qu’on ne se l’imagine souvent, le Texas cultive le double registre de l’ampleur et de la variété. Ses immenses plaines (et des ranches qui ne le sont pas moins) favorisent depuis toujours un élevage très développé, ses réserves de pétrole ont permis de bâtir de colossales fortunes, tandis que l’Etat est par ailleurs le premier producteur de coton de l’Union.
La géographie est à l’avenant, de la rude austérité de la région de Big Bend (la « grande courbe » que forme le célèbre Rio Grande dans cette zone montagneuse), aux ondulations plus douces de Hill Country, en passant par les forêts de l’est ou les longues plages de sable de la Gulf Coast. Oui, des plages : les eaux du golfe du Mexique constituent en quelque sorte la sixième frontière du Texas, les cinq autres étant le Mexique, dont le séparent le Rio Grande et quatre Etats américains : Nouveau-Mexique, Oklahoma, Arkansas et Louisiane.
Enfin, il y a les villes, immenses, intenses. Plus de la moitié des Texans vivent aujourd’hui en milieu urbain. Là où s’invente déjà le monde de demain. Car, sans renier les légendes de l’Ouest qui ont fait sa renommée, le Texas s’est aussi tourné vers de nouvelles activités, comme le tourisme (déjà le troisième secteur économique de l’Etat) ou l’industrie aéronautique. C’est à Houston, après tout, qu’est le centre de la prestigieuse Nasa…
Largement de quoi se convaincre que le Texas mérite décidément mieux que les quelques clichés faciles par lesquels on le connaît en général à l’étranger : l’assassinat du président Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963, ou cette fameuse série télévisée du même nom consacrée à « l’univers impitoyable » des grands propriétaires terriens et hommes d’affaires du cru.

Bataille à Fort Alamo

Parmi tous les mythes fondateurs de la nation américaine, la bataille de Fort Alamo garde une place de choix dans les manuels d’histoire. En 1836, alors que la guerre avec le Mexique fait rage, une poignée de colons refuse de quitter son fort et choisit de se battre. Malgré une résistance acharnée, et d’illustres défenseurs comme Davy Crockett, les Texans ploient sous le nombre. Vingt fois plus nombreux, les Mexicains massacrent les combattants survivants au matin du treizième jour de siège. Cette résistance héroïque est restée dans les mémoires et c’est au cri de « Souviens-toi de Fort Alamo » que l’armée du général Houston remporte un mois plus tard la première victoire militaire contre le Mexique.

Dallas

« L’étoile du Texas », comme le proclament les brochures promotionnelles de la ville, ou encore the Big D, comme la surnomment familièrement les Texans. Avec un peu plus d’un million d’habitants (mais plus de quatre en incluant l’ensemble Dallas-Fort Worth), c’est vrai que cette cité moderne, implantée dans la partie nord de l’Etat, au cœur de la région des Prairies and Lakes, a quelque chose d’altier lorsqu’elle émerge dans le lointain au regard du visiteur, accumulation de silhouettes futuristes de verre et d’acier comme posée sur la ligne d’horizon.

Rappel historique
Son histoire commence en 1841 lorsqu’un homme de loi du Tennessee d’origine irlandaise, John Neely Bryan, décide de poser ses bagages à l’intersection des trois fourches de la Trinity River. Le site lui paraît idéal pour les échanges commerciaux. Il construit quelques baraques en bois et ouvre un comptoir. L’arrivée progressive de colons et de planteurs de coton transforme peu à peu le bourg en agglomération. La création sur place d’un nœud ferroviaire - le premier train entre à Dallas en 1872 - concrétise son essor. En 1930, on découvre du pétrole à l’est de la ville : la fondation de l’East Texas Oil Field - alors la plus grande réserve pétrolière connue au monde - achève de propulser Dallas dans la modernité. Après-guerre, the Big D entre dans l’ère high-tech. La compagnie Texas Instrument invente le premier microprocesseur et la machine à calculer portable…

Suivez le guide !
Pour un aperçu d’ensemble de la ville, le meilleur point de vue est le cinquantième étage de la Reunion Tower, sur Reunion Boulevard.

Downtown
Pour davantage d’informations sur la ville, Dallas Convention and Visitors Bureau, 1 201 Elm Street, Suite 2 000, tél. : (214) 571 1300.
Il faut parcourir les rues du centre-ville de Dallas, apprivoiser ses contrastes au pied de la forêt de grands buildings : chapeaux de rancheros croisant les mallettes des hommes d’affaires et des financiers, minijupes de cow-girls frôlant les costumes sombres des rois du pétrole… Comme dans tout le Texas, les rues sont bien pourvues, pour un déjeuner rapide, en vendeurs de tacos et de tortillas mexicaines. Pioneer Plaza et ses sculptures de bronze monumentales représentant un troupeau de quarante bÅ“ufs et trois cavaliers (« Le plus grand ensemble sculptural au monde », affirment les Texans) est une attraction appréciée. Au gré de ses pas, on peut aussi aller jeter un Å“il aux lignes audacieuses de la mairie, Dallas City Hall, bâtiment conçu par l’architecte I.M. Pei (1978), aller admirer Fountain Place, tour dessinée par le même Pei, au pied de laquelle jaillissent des fontaines pilotées par ordinateur, ou, dans un registre plus ancien, vers le nord, visiter la Cathedral Santuario de Guadalupe, vieille d’un siècle (Ouvert tlj de 9 h à 12 h et de 13 h à 21 h. Entrée libre).

Ce jour-là, 22 novembre 1963…

En tournée électorale à Dallas, le jeune et populaire président des Etats-Unis n’a pas voulu de voiture fermée, mais a au contraire opté pour une limousine décapotable. La foule est nombreuse sur le passage du cortège, familiale, plutôt bon enfant. A quelques secondes de distance, trois coups de feu claquent. Le dernier a touché John Kennedy en pleine tête. On saura qu’ils ont été tirés depuis le sixième étage d’un bâtiment tout proche. Le meurtrier présumé, Lee Harvey Oswald, sera assez rapidement arrêté… avant d’être abattu à son tour. Depuis, d’innombrables thèses, livres, articles, films et « révélations » ont été consacrés aux nombreuses zones d’ombre et invraisemblances de la version « officielle » de la mort de Kennedy. Mais les véritables commanditaires de l’assassinat n’ont toujours pas été clairement identifiés.

Le « vieux » quartier
Au nord de la gare, Union Station, la promenade s’avère agréable dans le vieux quartier (« vieux » étant bien sûr entendu dans son acception américaine…) : West End Historic Discrict et West End Marketplace, secteur d’anciens entrepôts rénovés. Dallas Alley y est le principal secteur animé en soirée, avec de nombreux bars et discothèques. Une cover charge de quelques dollars, sorte de droit d’entrée commun à l’ensemble des établissements, donne ensuite accès à n’importe lequel d’entre eux.
Mais la grande affaire de Dallas demeure encore l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy voilà plus de quarante ans, méchant et durable traumatisme local que les Texans, avec ce pragmatisme si caractéristique de l’Amérique, ont fini par reconvertir en « attraction » touristique. Désormais, on ne s’arrête pas à Dallas sans refaire peu ou prou le trajet de la limousine présidentielle, sans visiter le lieu présumé du crime ou débattre de la théorie du complot…

Six Floor Museum
411 Elm Street. Ouvert tlj sauf le samedi de 9 h à 18 h. Entrée payante.
Après un passage au John F. Kennedy Memorial, monument érigé à la mémoire du président défunt, une visite s’impose au musée situé au sixième étage du bâtiment abritant autrefois le Texas School Book Depository, précisément le lieu d’où l’assassin présumé, Lee Harvey Oswald, est supposé avoir tiré sur le cortège présidentiel. Le musée occupe tout l’étage et retrace dans les moindres détails les événements de cette journée historique du 22 novembre 1963.

Conspiracy Museum
1105, Market Street. Ouvert tlj de 10 h à 18 h. Entrée payante.
Le « musée de la Conspiration » offre un bon complément au Six Floor Museum, explorant non seulement les zones d’ombre de l’affaire Kennedy mais aussi les énigmes non résolues attachées à d’autres célèbres figures politiques américaines.

Fair Park
Situé à trois kilomètres à l’est de Downtown. Accès libre.
Dallas possède d’autres musées, par exemple le Dallas Museum of Art (1717 North Harwood. Ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 17 h, le jeudi jusqu’à 21 h. Entrée payante), expositions d’art moderne, de peinture expressionniste et d’antiquités égyptiennes. La plupart d’entre eux, cependant, sont rassemblés au sein du Fair Park : un parc d’exposition « Art-Deco » classé monument historique. C’est là que se déroule tous les ans en octobre la fête de l’Etat.
Le site regroupe notamment l’African American Museum (3536, Grand Avenue. Ouvert de 12 h à 17 h du mardi au vendredi, de 10 h à 17 h les samedis et dimanches, fermé le lundi, tél. : (214) 565 9 026. Entrée payante), l’une des plus grandes collections d’art et d’artisanat afro-américain du pays, le Dallas Aquarium (1801 N, Griffin Street. Ouvert tlj de 10 h à 17 h. Entrée payante) (plus de 300 espèces aquatiques) et le Museum of Natural History (3535, Grande Avenue. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 17 h et de 12 h à 17 h le dimanche. Entrée payante), consacré à l’histoire naturelle du Texas.
Impossible de quitter Dallas sans rendre hommage aux gloires sportives locales : les Dallas Cow-Boys, stars du football américain depuis leur victoire en finale du Super Bowl en 1996, s’entraînent et jouent au Texas Stadium d’Irving ; les Texas Rangers (base-ball) se produisent au stade de Arlington, le Reunion Arena hébergeant les Dallas Mavericks (basket-ball) et les Dallas Stars (hockey sur glace).

Southfork Ranch
Dans les environs, les fans de télévision rendront visite, en banlieue nord de Dallas, au célébrissime lieu de tournage de la série non moins fameuse qui a emprunté son nom à la ville.

Suivez le guide !
Le State Fair Park accueille de juin à octobre, dans son Music Hall, le Dallas’ Summer Musicals, puis la saison d’opéra de novembre à février.

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